MAYOTTE SANS FRONTIERES

Archipel des Comores. L'île autonome d'Anjouan n'est distante que de 70 kilomètres de Mayotte française. Presque quotidiennement, des Anjouanais choisissent de braver la mort en se rendant en kwassa-kwassa (embarcation de fortune) à Mayotte. Cette Veille va observer les mouvements de ces populations, comprendre les motivations des candidats à la mort, et dénoncer cette nouvelle traite négrière organisée par les “passeurs” des “ports francs” anjouanais.

30 janvier 2006

Le coût de l'immigration à Mayotte vu par François Baroin

Pour la première fois, un membre du gouvernement a révélé quelques chiffres concernant le coût de l'immigration à Mayotte. Le 29 novembre dernier au Sénat, lors de son audition devant la Commission d'enquête sur l'immigration clandestine, François Baroin, ministre de l'Outre-mer, a cité 4 chiffres en s'excusant sur la difficulté d'évaluer le coût global pour la collectivité. Ces estimations sont les suivantes :
— le coût direct des éloignements (billets d'avion principalement, compte tenu du trafic stoppé des vedettes maritimes assurant la liaison Mayotte-Anjouan, pour des raisons de sécurité) est estimé à 60 millions d'euros, sur la base de 6 000 étrangers reconduits à la frontière ;
— les dépenses au titre de l'aide médicale d'Etat sont estimées à 6,5 millions d'euros ;
— les étrangers en situation irrégulière représenteraient le quart des élèves de l'enseignement scolaire, dont le budget était de 150 millions d'euros ;
— la perte de cotisations sociales est estimée à 2,1 millions d'euros sur la base de 15 000 étrangers en situation irrégulière travaillant clandestinement et rémunérés au SMIC.

Mayotte : 7 070 reconduites à la frontière en 2005

Avec 7 070 reconduites à la frontière en 2005, les services de police de Mayotte peuvent se montrer satisfaits, le chiffre étant largement inférieur à celui de 2004, soit 8600. Il reste loin de l'objectif de 12 000 reconduites à la frontière en 2006 fixé par le ministre de l'Intérieur, Nicolas Sarkozy. A la décharge des services de police : la suppression des rotations des vedettes maritimes entre Mayotte et Anjouan l'année dernière et leur remplacement par l'avion de 17 places d'Air Comores. Autre chiffre tiré du bilan affiché par le Préfet de Mayotte, les interceptions de “kwassa-kwassa” : en 2005, 59 embarcations ont été arraisonnées contre 41 en 2004, un résultat obtenu grâce à la mise en service d'un radar (un second devrait être opérationnel cette année) et la mise en service de nouveaux moyens nautiques qui seront, eux aussi, renforcés avec l'appel d'offres lancé à la fin de l'année dernière pour la mise en service de deux nouvelles vedettes.

29 janvier 2006

I. L'«immigration sanitaire» : deux textes en préparation pour la freiner

ÉTRANGERS De plus en plus de recalés du droit d'asile tentent de forcer la porte du séjour en France en faisant valoir des raisons médicales. Explications du quotidien parisien Le Figaro.

LES TITRES de séjour délivrés à des étrangers pour raisons médicales ont été multipliés par 16 en quatre ans : d'un millier en 2000 à 16 000 en 2004. Les directions départementales des affaires sanitaires et sociales (Ddass) croulent sous les demandes de prise en charge. A tel point que le ministère de la Santé, avec son collègue de l’Intérieur, Nicolas Sartkozy, prépare un décret et une circulaire pour éviter les abus.
Car des abus, il y en a ! Au départ, cette possibilité d'immigration était réservée à des malades en danger de mort dont la pathologie ne peut être soignée dans le pays d'origine – sida, cancer, maladies rénales pour l'essentiel. Mais de plus en plus de candidats au séjour sur le territoire national tentent ainsi leur va-tout pour obtenir des papiers.
Les fraudes ne sont pas les seuls grains de sable qui enrayent le système. Chaque médecin inspecteur se débrouille avec les informations de l'Organisation mondiale de la santé (OMS) et celles, parcimonieuses, des laboratoires pharmaceutiques qui indiquent si le médicament est disponible dans le pays d'origine.
(à suivre)

II. L'«immigration sanitaire» : la Seine-Saint-Denis leader après Mayotte

En Seine-Saint-Denis, département leader de l'immigration après Mayotte avec 30% de population d'origine étrangère, le nombre de demandes a été multiplié par 30 entre 1998 et 2005, de 198 à 5 900. «Cela explose chez nous depuis 2002, confirme le directeur de la Ddass, Hubert Valade, au moment où les conditions de l'asile se sont durcies. Les flux n'augmentent pas mais se déplacent.» Sur les demandes enregistrées en 2005, le taux de réponses positives ne dépasse pas 30%. «Derrière ces 5 900 dossiers, ce sont en fait 18 000 personnes qui sont concernées car il y a généralement un accompagnant et un enfant», décrypte Christiane Bruel, médecin inspecteur de la Ddass de Bobigny. Elle doit évaluer l'état de santé des étrangers qui sollicitent une prise en charge en France. L'étranger qui veut rester parce qu'il ne peut se faire soigner dans son pays doit retirer un dossier à la préfecture, puis passer une visite chez un médecin agréé qui transmet un certificat à la Ddass. Dans plus de 99% des cas, une décision positive du médecin inspecteur entraîne la délivrance d'un titre de séjour. (…) Les faux certificats et les attestations de complaisance compliquent encore l'instruction. «Des plaintes ont été déposées, confie Christine Estay, directeur adjoint de la Ddass, car nous avons conscience que certains font de ces documents un marché lucratif. Ce n'est pourtant pas notre rôle de contrôler les flux migratoires.»

Mayotte : Condamnés pour emploi de clandestins

« S'il y a une immigration si importante, c'est parce qu'elle est acceptée par la société mahoraise. Les Anjouanais viennent ici (à Mayotte) pour trouver du travail, et ils en trouvent. L'emploi de clandestins semble être à Mayotte la chose la plus partagée », remarquait René Dosière, député socialiste, membre de la mission parlementaire en visite dans la région il y a un peu plus d'un mois. La justice vient de lui donner raison en prononçant, le 25 janvier dernier, six peines contre des chefs d'entreprise mahorais ayant employé « au noir » des immigrés clandestins. Oh ! des peines avec sursis, ce qui n'empêchera pas cette vilaine pratique de subsister. Comment d'ailleurs la vie économique mahoraise pourrait-elle survivre sans l'apport de l'immigration clandestine et des Anjouanais en particulier. La palme revient à cette buvette bien connue de Mamoudzou, le 5/5, déjà contrôlée cinq fois au cours de ces dernières années et à chaque fois réprimendées pour ses embauches de travailleurs candestins. Il faudra certainement plus d'une mission parlementaire et un peu plus de sévérité au niveau des tribunaux pour faire cesser de telles vilaines habitudes.

17 janvier 2006 : 40 passagers sur un kwassa-kwassa !

C'est, pour le quotidien “Les Nouvelles de Mayotte”, « un triste record » qui a été battu par la vedette des Douanes, “Dziani”, dans la nuit du 17 au 18 janvier 2006, au large d'Acoua, dans le nord-ouest de Mayotte. A bord d'un “kwassa-kwassa” de 5 mètres de long intercepté venant d'Anjouan, ils ont trouvé pas moins de 40 personnes dont deux passagers gravement malades qui effectuaient le voyage pour se faire soigner à l'hôpital de Mamoudzou. A bord encore, 7 enfants en bas âge dont le plus âgé avait 3 ans !

Mayotte : prison ferme pour les passeurs

Le 28 octobre 2002, un “kwassa-kwassa faisait naufrage entre Anjouan et Mayotte. A bord 21 personnes parmi lesquelles six fillettes. Seules 13 personnes regagnèrent les côtes mahoraises. La fille de l'une des victimes ayant porté plainte contre les passeurs, le procès était appelé le 11 janvier 2006. Verdict : 5 ans de prison pour le propiétaire de l'embarcation et 3 ans fermes pour les trois passeurs. Des mandats d'arrêt ont été délivrés.

LE MARIA GALANTA, bateau des reconduites à la frontière


Depuis le 17 décembre dernier, une vedette effectue la traversée maritime entre Mayotte et Anjouan pour reconduire à la frontière les 400 immigrés clandestins, pour la plupart Anjouanais, interpellés chaque semaine en ce moment dans la Collectivité départementale. Affrêté par la Société Générale de Transport maritime (SGTM) créée en février 2004 par l'armateur Michel Laboudère, le monocoque de 37 mètres de long et de 7,5 mètres de large dispose d'un moteur de 4 564 Kw pouvant transporter, dans un certain confort, entre 191 et 250 passagers à une vitesse de 28 nœuds (avec des pointes de 35 nœuds). Le voyage entre les deux îles s'effectue en 3 heures avec deux tarifications suivant la basse et la haute saison et une tarification différente si le départ s'effectue à Mayotte ou à Anjouan.
Construit en 1989 en France, sur le chantier naval de Saint-Mandrier, propriété d'un Mauricien, dans le cadre de la défiscalisation, le Maria Galanta assurait jusqu'à l'année dernière le transport inter-îles à Saint-Pierre-et-Miquelon, après un passage à Pointe-à-Pitre, aux Antilles françaises. Il était la propriété de l'armateur Saint-Pierre-et-Miquelon Express, société exploitée par Daniel Nedzela, également directeur du développement de la Compagnie des îles du Ponant, compagnie basée à Nantes et possèdant en direct trois paquebots sous pavillon français à Wallis-et-Futuna.
Depuis sa mise en exploitation sur la ligne Mayotte-Anjouan, le Maria Galanta a subit plusieurs pannes et une petite avarie causée par la vedette de la PAF, la Koungué, qui l'a percutée à l'arrêt quelques jours seulement après son arrivée à Mayotte. D'autres pannes, un joint de vérin qui actionne la turbine de l'un des moteurs défectueux et un problème de direction, ont immobilsées la vedette pendant plusieurs jours, début janvier.
Selon une source saint-pierraise, le Maria Galanta aurait connu de nombreux avatars durant son exploitation. Des pannes à répétition l'ont cloué à terre pendant de longues semaines et une immobilisation s'est même prolongée pendant deux mois et demi.
Cette exploitation est intervenue après plus d'un an de suspention de la liaison maritime des bateaux sous pavillon anjouanais, par décision administrative de la Préfecture de Mayotte du 3 décembre 2004, en raison de manquement aux règles de sécurité.

Les “kwassa-kwassa”, “ça secoue”…

“Kwassa-kwassa” signifie « ça secoue ». Il suffit en effet d'une houle mal évaluée, d'un grain, d'une nappe de brouillard, d'un récif corallien autour de Mayotte ou de l'irruption des gendarmes français pour que les secousses se transforment en dérive ou en naufrage. Des milliers de disparus depuis l'indépendance ! Pire que le paludisme ou le choléra, les endémies les plus ravageuses du pays.
Les “kwassa-kwassa” ou “japawas, pour leur motorisation japonaise Yamaha, sont des canots à fond plat, munis d'un ou de deux moteurs hors-bord, très bas sur l'eau, qui partent sans publicité que le bouche à oreille. Quelques litres d'eau, deux cents litres de carburant, parfois une boussole, mais aucun moyen de définir sa position. Nulle trousse à outils. pas de gilet de sauvetage, sauf parfois pour les deux pilotes. Durée de la traversée depuis Domoni : 3 heures maximum pour les 70 kilomètres séparant les deux îles.
Les voyages de la mort se déroulent pendant la saison sèche car pendant le “catchquazi”, la saison des pluies, la mer devient trop houleuse sous l'effet, notamment, des vents cycloniques.
Il n'est pas rare que les convoyeurs regagnent Anjouan avec du matériel volé à Mayotte : scooters, très prisés, pièces détachées…

L'organisation des “kwassa-kwassa”

Une trentaine d'agences avec leurs “taxis” organisent les départs des “kwassa-kwassa” et acheminent les candidats vers les “ports francs” au départ des principales villes d'Anjouan. La police locale n'y trouve rien à dire. Tout au plus exige-t-elle parfois quelque m'karakara, le bakchich local. Ces agences locales kwassa sont les entreprises les plus florissantes de l'île. Elles ne sont soumises à aucune réglementation. Pas d'autres assurance que la qualité des pilotes… ou leur volonté de survivre. Fortunes plus vite bâties qu'à pêcher la bonite et la langouste pour un marché étroit et peu solvable, mais traversée à hauts risques !
Six voyages suffisent à amortir la mise de fonds, d'autant que les moteurs snt souvent volés à Mayotte par des gangs locaux, représentation des agences kwassa. Le prix d'un aller vers Mayotte se situe autour de 60 à 100 euros en moyenne. Une traversée rapporte près de 1 500 euros. Le secteur kwassa emploie à Anjouan des centaines de gens : pilotes ou “passeurs”, rabatteurs, fournisseurs, constructeurs, mécaniciens, même si la maintenance est incertaine…
Bien payés, les passeurs souhaitent se débarrasser au plus vite de leur cargaison en arrivant sur les côtes mahoraises. Quitte à l'abandonner sur des récifs coralliens. Ne pas rebrousser chemin et, surtout, ne pas être pris ! Il en coûte six mois de prison et la destruction du kwassa.

Les lieux de départ des “kwassa-kwassa” depuis l'île d'Anjouan

Le canal du Mozambique qui sépare Mayotte d'Anjouan, distante d'une soixantaine de kilomètres, est devenu une véritable autoroute. Les Anjouanais s'entassent à vingt, voire trente personnes dans des petites barques à fond plat prévues pour trois ou quatre passagers. Conçus pour la pêche côtière, les “kwassa-kwassa” s'enfoncent quasiment au niveau de l'eau et au moindre problème, comme une vague un peu plus forte que les autres, l'eau entre dans la barque.
Les principaux lieux de départ (dit “ports francs”) d'Anjouan des “kwassa-kwassa” sont :

• Mutsamudu, la capitale d'Anjouan ;
• Mirontsi ;
• Ouani où se trouve l'aéroport ;
• Hajoho ;
• Bambao ;
• Domoni, la ville la plus proche de Mayotte ;
• Chikojou ;
• Mramani ;
• Chiroroni/Hamchaco ;
• Maweni ;
• Moya ;
• Pomoni ;
• Vouani ;
• Marahare ;
• Lamboue ;
• Pajé.

Ces “clandestins”, les moyens de lutte

Les services administratifs concernés par la lutte contre l'immigration clandestine basés à Mayotte sont (chiffres 2005) :

• PAF : 100 personnes, 2 vedettes dont l'une, la Koungué, a été inaugurée en juillet dernier et un radar mobile
• Gendarmerie nationale : 155 personnes, 2 vedettes
• Gendarmerie maritime : 8 personnes, 1 vedette, la “Verdon”, opérationnelle en 2005
• Douanes : 98 personnes, 1 vedette
• Marine nationale : un bâtiment fixe, le Dharuba et des bâtiments de passage telles La Boudeuse ou Le Nivôse. En projet : un avion basé à Dzaoudzi
• Armée de Terre : survol du lagon par des Transall en transit
• SP : 125 personnes
• Renseignements Généraux : 12 personnes.

Ces “clandestins”, combien ça coûte ?


Nicolas Sarkozy, ci-devant ministre de l'Intérieur, a l’ambition de faire expulser 12 000 clandestins de Mayotte en 2006. Nous en serions à plus de 8 000 en 2005. Combien coûte ces expulsions ? Enquête.

• Il y a d’abord le traitement des fonctionnaires chargés du repérage des embarcations venant principalement de l’île d’Anjouan : fonctionnaires de la Marine, de la Police aux Frontières, de la Gendarmerie nationale ou des Douanes, mais également ceux des deux nouveaux radars mis en place chargés de détecter les “indésirables”.
• Puis viennent les fonctionnaires chargés de l’interpellation : police municipale et gendarmes. Ceux affectés au traitement judiciaire et administratif des interpellés, puis à leur transfert au centre de rétention de Majicavo, celui des personnels de ce centre.
• Ajoutez à cette cohorte, les policiers affectés aux présentations successives au juge des libertés , l’escorte de reconduite à la frontière et enfin les obligations qui s´imposent à la France au terme de la récente directive européenne du 1er décembre 2005, qui prévoit notamment l´accès à l´aide juridictionnelle.
• Enfin le coût de ces rapatriements à la frontière pris en charge par le ministère français de l'Intérieur. En 1995, le billet retour d'un clandestin pris en charge par la France coûtait 800 francs par personne, mais seulement 250 francs en 1997. En 2005, l’affrètement de l’avion de 17 places de Comores Aviation qui a fonctionné durant un an en attendant le Maria Galanta, bateau opérationnel depuis décembre dernier mais déjà immobilisé à deux reprises, était facturé 3 500 euros.
Toutes ces dépenses aux frais des contribuables, pour des résultats peu convaincants puisque très souvent l’expulsé revient le lendemain par un “kwassa-kwassa” (embarcation clandestine). Mieux, parfois, lorsque le clandestin de Mayotte se voit convier à un Grand Mariage à Anjouan ou à Mohéli, principalement au cours des mois de juillet et août, il se présente tout simplement aux policiers pour être expulsé aux frais de l’administration française et revenir en fraude quelques jours après à bord d’une embarcation clandestine.
Selon un rapport confidentiel sur les expulsions d'immigrés sur l'ensemble du territoire national, chaque expulsion coûterait 16 000 euros ! Ainsi, pour reconduire à la frontière les 12 000 “clandestins”, quota fixé par le ministre de l'Intérieur pour la seule collectivité de Mayotte en 2006, il nous en coûtera 19 200 000 d'euros !

Vedettes contre kwassa-kwassa

Par voie de pressse, dans le BOAMP du 21 décembre 2005, un appel à candidature est lancé pour la construction de deux vedettes de 6 à 7 mètres propulsées par deux moteurs hors bord de 15 à 40 cv. Ces deux bâtiments, basés à Mayotte et destinés à renforcer la vedette Koungué (notre photo) dans la lutte contre l'immigration clandestine en provenance des îles comoriennes, notamment Anjouan, seront équipés d'un radar, d'un GPS, éclairage puissant, etc.

Un étranger pour deux Mahorais

Les résultats du dernier recensement effectué à Mayotte résume à eux seul le problème de l'île : en 2002, il y avait déjà un étranger pour deux Mahorais. 54% des habitants de la commune de Mamoudzou sont étrangers, 48% à Koungou !

• La population de Mayotte, à l'année du dernier recensement, en 2002, s'élevait à 160 265 habitants, contre 131 320 en 1997, soit 4 300 habitants de plus par an.
• Le nombre de naissances était de 4 800 par an de 1991 à 1997 ; il atteint 5 600 de 1997 à 2002. La population de Mayotte a ainsi doublé en 14 ans. Cette forte évolution est due à un fort taux de natalité (40 pour mille, contre 13 pour mille en Métropole et 20 pour mille à La Réunion) et à une très forte immigration avec 21 500 arrivants entre 1997 et 2002.
• La population française à Mayotte est passée de 103 000 à 105 000 entre 1997 et 2002, soit une insignifiante augmentation. La population étrangère a par ailleurs fortement augmenté, sa proportion est ainsi passée de 22% à 34%. En 1991, la population étrangère ne représentait que 14% de la population de l'île.
• En 2002, un habitant sur trois est un étranger, soit 55 000 personnes dont 53 000 Comoriens. C'est ainsi que 54% des habitants de la commune de Mamoudzou sont aujourd'hui des étrangers et 48% à Koungou, commune voisine. 15 000 d'entre eux sont arricés depuis 1997, cela veut dire que près de 38 000 sont là depuis plus de 7 ans. Une partie a donc désormais la possibilité d'acquérir la nationalité française, à l'image de près de 10 000 mineurs nés à Mayotte, ainsi que 6 à 7 000 hommes ou femmes mariés à un Français ou une Française.
(source Insee)

Mayotte : Naissances nombreuses, mères souvent étrangères

PROJECTION SUR L'AVENIR. La natalité reste très élevée à Mayotte ; elle est due principalement à l'immigration. Tels sont les enseignements d'une enquête de la Direction des affaires sanitaires et sociales qui a enregistré plus de 7 000 naissances en 2004. Près des deux tiers des mères sont d’origine comorienne, elles ont plus d’enfants que les Mahoraises : 5 en moyenne au lieu de 3,5. La hausse du nombre de naissances devrait se poursuivre, les comportements restant largement favorables à la fécondité dans une population très jeune.
Alors qu’en 1958, à peine 1 300 naissances étaient enregistrées à Mayotte, on en compte plus de 7 000 en 2002, selon les chiffres donnés par la Direction des affaires sanitaires et sociales. Parmi les femmes qui ont accouché, près de sept sur dix sont d’origine étrangère. La majorité sont originaire des Comores. Mais seulement 15 % des mères comoriennes qui ont accouché à Mayotte s’en retournent aux Comores.
Plus de huit couples sur dix ont pu être identifiés dans les déclarations de naissance faites en 2002 dans les bureaux d’état-civil des mairies. Les couples unissant des parents d’origine comorienne représentent 40 % de l’ensemble ; les couples de parents mahorais sont deux fois moins nombreux ; les autres couples sont mixtes. On peut remarquer que les hommes nés à Mayotte qui ont eu un enfant en 2002 ont un peu plus souvent pour conjointe une Comorienne qu’une Mahoraise.
(source : Insee/Etat civil Mayotte)

Les premiers pirates de l'air du sud de l'océan Indien

Les premiers pirates de l'air du sud de l'océan Indien viennent d'Anjouan. Nous sommes en mars 1978, le peuple comorien vit sous le régime révolutionnaire d'Ali Soilih et n'en peut plus. Alors, il fuit par tous les moyens, allant parfois jusquà utiliser les plus extrêmes comme la piraterie aérienne. Retour sur cette période.

C'est un mardi de mars 1978, il est 14 heures. Un Cessna 206 de l'Aéro-Club de Moroni quitte la Grande-Comore à destination de l'île d'Anjouan. Il est piloté par un Français. A son bord, quatre passagers, Comoriens, qui ont loué l'appareil. 14h30. L'un des passagers quitte son siège, sort un revolver de sa poche et menace le pilote dont il exige qu'il mette le cap sur l'île de Mayotte.
15h. Le Cessna pose à Dzaoudzi, l'aéroport de l'île-sœur. Les quatre Comoriens débarquent et demandent l'asile politique aux autorités. Le pilote aura le courage de ramener son appareil à Moroni.
Le mois précédent, ce sont deux vagues de 20 Comoriens venant d'Anjouan à bord de “kwassa-kwassa” qui avaient demandé l'asile politique à Mayotte après avoir débarqué sur une plage du sud de l'île. Les motifs de leur exil : « Parce que là-bas, il y a beaucoup trop de souffrances. Les soldats venus des Grandes Comores battent les habitants, les filles, les garçons. Ils les font ramper et les battent avec des cravaches. Ils donnent des coups
Après une escale à La Réunion, pris en charge par la Croix Rouge, ils ont pu rejoindre la France métropolitaine, selon leur souhait.

I.- MAYOTTE, LE PLUS GRAND CIMETIERE MARIN

Selon le Croissant Rouge anjouanais, «1 500 personnes ont été portées disparues entre 1975 et 1980 et 850 entre 1995 et la mi-1997». Selon l'Observatoire de l'émigration clandestine anjouanaise (aujourd'hui disparu), entre juillet 2000 et décembre 2001, il y a eu 183 victimes de la mer pour 17 accidents par “kwassa-kwassa” entre Anjouan et Mayotte. Le nombre de rescapés était chiffré à 224 personnes. Depuis, le rythme des victimes par noyade ne s'est pas relâché et on peut avancer aujourd'hui sans être démenti le chiffre de 5 000 morts depuis l'instauration du visa par le gouvernement Edouard Balladur, en novembre 1994 . Revue de détail non exhaustive, la Préfecture comme la Dass de Mayotte étant muettes sur ces accidents en mer.

15 avril 1998.- Un “kwassa-kwassa” venant d'Anjouan et se dirigeant vers Mayotte avec à son bord 27 personnes intercepté par la Gendarmerie nationale au large de Sada.
18 octobre 1998.- Un “kwassa-kwassa” venant d'Anjouan et se dirigeant vers Mayotte avec à son bord 20 personnes fait naufrage dans la baie de Kani-Kéli. Bilan : 8 morts ou disparus.
9 mai 1998.- Un “kwassa-kwassa” venant de Moya (Anjouan) et se dirigeant vers Mayotte avec à son bord 47 personnes fait naufrage à la suite d'une explosion quelque part dans le canal du Mozambique. Les rescapés sont recueillis par un chalutier breton, l'Aval d'Or. Bilan : 41 morts ou disparus. 6 rescapés.
4 juillet 1998.- Un “kwassa-kwassa” venant de Moya (Anjouan) et se dirigeant vers Mayotte avec à son bord 25 personnes est intercepté par la Gendarmerie nationale.
13 juillet 1998.- B.C. condamné à 3 ans de prison pour immigration clandestine par le tribunal correctionnel de Mamoudzou (Mayotte). Originaire d'Anjouan, connu comme un “passeur”, il avait été remis aux autorités de Mayotte par la gandarmerie anjouanaise le 2 décembre et inculpé aussitôt pour non assistance à personne en danger.
6 août 1998.- Deux “kwassa-kwassa” venant d'Anjouan et se dirigeant vers Mayotte interceptés par la Gendarmerie nationale de Pamandzi (Mayotte) alors qu'ils tentaient d'accoster sur la plage de Mtzamboro.
28 août 1998.- Un “kwassa-kwassa” venant d'Anjouan se retourne au moment de franchir la barrière corallienne au large de Mayotte avec à bord 19 personnes. Bilan : 12 morts ou disparus.
6 septembre 1998.- Un “kwassa-kwassa” venant d'Anjouan et se dirigeant vers Mayotte avec à son bord 20 personnes dont deux passeurs est intercepté par la Gendarmerie nationale. Les deux passeurs sont condamnés par le Tribunal correctionnel de Mayotte à 6 mois de prison ferme.
16 septembre 1998.- Trois “passeurs” d'origine anjouanaise condamnés à 6 mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Mamoudzou (Mayotte). Ils avaient été arrêtés le 6 septembre dernier à bord d'une embarcation à laquelle avaient pris place 20 personnes venant d'Anjouan.
29 septembre 1998.- Arrestation de quatre jeunes originaires de Tsingoni accusés d'opérer une véritable chasse aux Comoriens sur la plage de Soulou et de violer collectivement des jeunes femmes venant d'Anjouan par “kwassa-kwassa. Jugés, ils ont été condamnés à des peines allant de 9 ans de prison ferme à 4 ans.
Fin septembre 1998.- Trois Anjouanais victimes d'une reconduite à la frontière à bord d'un boutre se jettent à l'eau entre la Petite Terre et la Grande Terre, à Mayotte, et un se noie.
9 octobre 1998.- Arrestation du propriétaire d'un “kwassa-kwassa” et de trois autres clandestins qui violaient une clandestine originaire d'Anjouan depuis son arrivée à Mayotte en juin dernier.
18 octobre 1998.- Naufrage d'un “kwassa-kwassa” venant d'Anjouan au large de Kani-Keli, au sud de Mayotte avec une vingtaine de personnes à bord. BIlan : 8 morts ou disparus.
(à suivre)

II.- MAYOTTE, LE PLUS GRAND CIMETIERE MARIN

27 août 1999.- Un “kwassa-kwassa” venant d'Anjouan et se dirigeant vers Mayotte, avec à son bord 34 personnes dont deux passeurs, intercepté par la PAF. L'un des passeurs condamné à 6 mois de prison ferme et son co-pilote, un mineur, condamné à une reconduite à la frontière.
28 août 1999.- Un “kwassa-kwassa” venant d'Anjouan et se dirigeant vers Mayotte, avec à son bord 19 personnes, fait naufrage au large de Mtangamouji (Mayotte). Bilan : 12 morts.
3 mai 2000.- Un “kwassa-kwassa” venant d'Anjouan avec à son bord 24 personnes dont 2 passeurs intercepté par la PAF au large de Mayotte.
14 juin 2000.- Un “kwassa-kwassa” venant de Grande-Comore et se dirigeant vers Mayotte, avec à son bord 22 personnes, fait naufrage au large de l'île de Mohéli. Bilan : 19 morts ou disparus.
23 juin 2000.- Un “kwassa-kwassa” venant d'Anjouan avec à son bord 4 personnes dont 1 passeur intercepté par les Douanes de Mayotte au large de Longoni.
29 juin 2000.- Un “kwassa-kwassa” en provenance d'Anjouan avec 16 personnes à bord arraisonné au nord de Mtzamboro (Mayotte). Les deux “passeurs” interpellés par la Gendarmerie nationale et présentés au Parquet pour « mise en danger délibéré de la vie d'autrui ».
8 août 2000.- Un “kwassa-kwassa” venant d'Anjouan et se dirigeant vers Mayotte avec à son bord 26 passagers fait naufrage au large des côtes mahoraises, au large de la plage de Soulou. Bilan : 10 morts ou disparus.
24 juin 2001.- Un “kwassa-kwassa” en panne venant d'Anjouan est intercepté par la Gendarmerie de Foumbouni (Grande-Comore) avec à son bord 18 personnes.
29 juin 2000.- Un “kwassa-kwassa” venant d'Anjouan, avec à son bord 16 personnes, intercepté par la Gendarmerie nationale au nord de Mtzamboro. Les deux passeurs condamnés par le Tribunal correctionnel de Mayotte de 5 à 7 mois de prison ferme.
7 juillet 2000.- Un “kwassa-kwassa” venant de Domoni (Anjouan), avec à son bord 22 personnes, fait naufrage à proximité de Mayotte. Bilan : 7 morts ou disparus. Le même jour, un “kwassa-kwassa” venant de Mironti (Anjouan) et transitant par Bambao avec à son bord 27 personnes fait naufrage au large de Mayotte. Bilan : 13 morts ou disparus.
4 août 2000.- Un “kwassa-kwassa” venant de Domoni (Anjouan), avec à son bord 22 personnes, fait naufrage au large de Mayotte. Bilan : 6 morts ou disparus.
8 août 2000.- Un “kwassa-kwassa” venant de Chiroroni (Anjouan), avec à son bord 20 personnes, fait naufrage au large des côtes anjouanaises. Bilan : 9 morts ou disparus.
9 août 2000.- Un “kwassa-kwassa” avec à son bord 26 personnes fait naufrage en mer au large de Sada (Mayotte). Bilan : 10 morts ou disparus.
12 août 2000.- Un “kwassa-kwassa” venant de l'île de Mohéli avec à son bord 27 persones fait naufrage au large des côtes de Mayotte. Bilan : 26 morts ou disparus.
5 septembre 2000.- Un “kwassa-kwassa” venant d'Anjouan et se dirigeant vers Mayotte avec à son bord 26 personnes dont 6 passeurs s'échoue au large d'Ivoini, à Mitsamiouli.
22 septembre 2000.- Un “kwassa-kwassa” venant d'Hamchako (Anjouan) avec 21 personnes à bord fait naufrage au large des côtes anjouanaises. Bilan 12 morts ou disparus.
29 octobre 2000.- Un “kwassa-kwassa” venant d'Anjouan avec à son bord 11 personnes dont 2 passeurs intercepté face à la plage de Barakani, sur la commune de Koungou, par la Brigade de gendarmerie de Mamoudzou (Mayotte). Le propriétaire de la barque condamné par le Tribunal correctionnel de Mayotte à 6 mois de prison ferme et son complice à 4 mois ferme.
30 octobre 2000.- Un “kwassa-kwassa” venant de Bambao (Anjouan) avec 21 personnes à bord fait naufrage au large des côtes mahoraises. Bilan 11 morts ou disparus.
13 novembre 2000.- Un Anjouanais victime d'une reconduite à la frontière et embarqué à bord de la vedette Ville de Sima assurant la liaison régulière avec Anjouan se jette à la mer devant Petite terre et se noie. Bilan : 1 mort.
30 novembre 2000.- Un “kwassa-kwassa” venant d'Anjouan avec à son bord 22 personnes dont 2 passeurs intercepté par la PAF au nord de Mayotte. Les deux passeurs condamnés à 4 mois de prison ferme par le tribunal correctionnel de Mayotte.
4 décembre 2000.- Naufrage à 4 kilomètres des côtes anjouanaises d'un “kwassa-kwassa” venant de Domoni (Anjouan) avec à son bord 23 personnes. Bilan : 17 morts ou disparus.
21 décembre 2000.- Un “kwassa-kwassa” venant d'Anjouan avec à son bord 9 personnes dont 2 passeurs intercepté par la Gendarmerie nationale de Mayotte.
(à suivre)

III.- MAYOTTE, LE PLUS GRAND CIMETIERE MARIN

5 août 2001.- Un “kwassa-kwassa” venant de Pomoni (Anjouan) avec 31 personnes à bord se rendant à Mayotte fait naufrage au large des côtes anjouanaises de Gnignijou. Bilan : 1 mort, une fillette de 5 ans.
6 août 2001.- Un “kwassa-kwassa” venant de Domini (Anjouan) avec 31 personnes à bord se rendant à Mayotte fait naufrage à 15 kilomètres des côtes anjouanaises. Bilan : 26 morts ou disparus. Le même jour, un second naufrage d'un “kwassa-kwassa” venant de Domoni fait naufrage près des côtes mahoraises de Mtsamboro mais dérive 11 jours jusqu'en Tanzanie où il est retrouvé à Pemba. Bilan : 2 morts,
11 août 2001.- La gendarmerie et la marine nationale de Mayotte portent secours à un “kwassa-kwassa” naufragé venant de Domoni (Anjouan) et se dirigeant vers Mayotte transportant 17 personnes. Bilan : 1 mort, 7 disparus.
2 septembre 2001.- Interception au large d'Acoua (Mayotte) d'un “kwassa-kwassa” venant d'Anjouan avec à son bord 21 personnes dont deux passeurs.
22 septembre 2001.- Interception près de Mamoudzou d'un “kwassa-kwassa” venant d'Anjouan avec à son bord 16 personnes dont deux passeurs.
23 septembre 2001.- Un “kwassa-kwassa” venant d'Anjouan et transportant 7 personnes intercepté par la Gendarmerie nationale à Mayotte. Le passeur de cette embarcation condamné à 6 mois de prison ferme et une interdiction du territoire de 3 ans par le Tribunal correctionnel de Mayotte.
6 octobre 2001.- Naufrage d'un “kwassa-kwassa” au large de Mliha, sur les côtes mahoraises, venant de Mramani (Anjouan) et se dirigeant vers Mayotte avec 25 personnes à bord. Bilan : 7 morts ou disparus.
18 octobre 2001.- Un “kwassa-kwassa” venant de Bambao (Anjouan) et souhaitant se rendre à Mayotte fait naufrage à deux kilomètres des côtes anjouanaises. Bilan : 15 morts ou disparus.
25 octobre 2001.- Naufrage d'un “kwassa-kwassa” venant de Maraharé (Anjouan) et se dirigeant vers Mayotte avec 28 personnes à bord. Bilan : 25 morts.
4 novembre 2001.- Profitant de désordres sur l'île d'Anjouan, plusieurs “kwassa-kwassa” font la traversée vers Mayotte. L'un d'eux est intercepté au large de Mtzamboro (Mayotte) avec à son bord 26 personne conduites au Centre de rétention de Majicavo.
9 novembre 2001.- Parti de Bambao-Mtsanga (Anjouan), un “kwassa-kwassa” avec 12 personnes à bord fait naufrage au large de Majicavo (Mayotte). Bilan : 2 morts.
4 août 2002.- Un “kwassa-kwassa” parti de Bambao (Anjouan) et se rendant à Mayotte avec 34 personnes à bord est porté disparu. BIlan 34 morts ou disparus.
10 août 2002.- Interception d'un “kwassa-kwassa” venant d'Anjouan par la vedette de la Gendarmerie nationale, au nord de Mayotte, avec à bord une vingtaine de personnes dont deux passeurs. Bilan : 1 mort, une fillette de 4 ans.
27 octobre 2002.- Un “kwassa-kwassa” venant de Bambao (Anjouan), avec à son bord 28 personnes, fait naufrage au large de Koungou (Mayotte). Bilan : 23 morts ou disparus.
(à suivre)

IV.- MAYOTTE, LE PLUS GRAND CIMETIERE MARIN

18 février 2003.- Les gendarmes de la Brigade de M'Tsamboro (Mayotte) interpellent six personnes sur la plage de Moutsoumbatsu, à Mliha, alors qu'elles venaient de débarquer d'un “kwassa-kwassa” venant d'Anjouan.
19 février 2003.- Les gendarmes de la Brigade de Pamandzi (Mayotte) arrêtent 25 personnes en situation irrégulière débarquant d'un “kwassa-kwassa” venant d'Anjouan.
20 février 2003.- Cinq Anjouanais clandestins expulsés se jettent à l'eau à bord d'un navire effectuant la liaison régulière entre Mayotte et Anjouan pour rejoindre les côtes mahoraises distantes de 3 kilomètres. Deux sont repêchés, les trois autres rejoignent une plage à la nage.
29 février 2003.- Naufrage d'un “kwassa-kwassa” venant venant d'Anjouan au sud de Mayotte, dans la baie de Kani-Keli, à 500 mètres des côtes mahoraises, avec à son bord quinze personnes. Bilan : 7 morts ou disparus.
16 mars 2003.- Interception au large de Sada (Mayotte) par la PAF d'un “kwassa-kwassa” avec à son bord 15 personnes dont deux passeurs, venant d'Anjouan.
30 mars 2003.- Un “kwassa-kwassa” en provenance d'Anjouan tente de se soustraire à un contrôle opéré par la vedette de la Gendarmerie nationale, entre la barrière de corail et Koungou (Mayotte), et fait naufrage. 14 personnes sauvées. Un des deux passeurs parvient à échapper aux forces de l'ordre.
Fin mai 2003.- Des pêcheurs mahorais interceptent un “kwassa-kwassa” prêt à débarquer des clandestins sur une plage de Koungou (Mayotte).
6 juin 2003.- Un “kwassa-kwassa” parti de Domini (Anjouan) prend feu au large de Moya située à une cinquantaine de kilomètres de Mutsamudu, la capitale anjouanaise, avec à son bord 22 personnes. Bilan : 4 morts ou disparus.
22 août 2003.- Deux passeurs interceptés la veille à bord d'un “kwassa-kwassa” condamnés à 2 ans de prison ferme par le tribunal correctionnel de Mayotte.
30 août 2003.- La brigade nautique de Mayotte intercepte un “kwassa-kwassa” à hauteur de M'liha (Mayotte) avec à son bord 19 personnes dont 2 passeurs. Quelques jours plus tôt, même interception avec 13 passagers à bord.
15 septembre 2003.- Un “kwassa-kwassa” venant d'Anjouan intercepté au large de Sada (Mayotte) avec à son bord 26 personnes dont 2 passeurs.
1er octobre 2003.- Un “kwassa-kwassa” venant d'Anjouan intercepté au large de Sada (Mayotte) avec à son bord une trentaine de personnes dont 2 passeurs.
15 octobre 2003.- La brigade nautique de Mayotte intercepte un “kwassa-kwassa” au large de Sada (Mayotte) avec à son bord 34 personnes dont 2 passeurs. C'est la huitième interception avec 173 clandestins dont 15 passeurs depuis la mise en circulation en août de la vedette.
(à suivre)

V.- MAYOTTE, LE PLUS GRAND CIMETIERE MARIN

11 janvier 2004.- Les policiers de la Brigade nautique de Mayotte interceptent leur second “kwassa-kwassa” de l'année venant d'Anjouan avec 37 personnes à bord dont deux passeurs qui écopent 15 mois de prison et 3 ans d'interdiction du territoire par le tribunal correctionnel de Mayotte.
28 mars 2004.- Dans le sud de Mayotte, face à Bouéni, les forces de l'ordre interceptent un “kwassa-kwassa” venant d'Anjouan avec à bord 36 personnes.
29 mars 2004.- Un “kwassa-kwassa” parti d'Anjouan et se dirigeant vers Mayotte, avec une quinzaine de personnes à bord, fait naufrage. Deux rescapés.
19 novembre 2004.- Deux “kwassa-kwassa” transportant une trentaine de personnes secourus par le patrouilleur de la Marine nationale de Mayotte, La Rieuse, alors que l'embarcation tentait de se soustraire à un contrôle. Interpellation des deux passeurs.
Selon le Préfet de Mayotte, Jean-Paul Kihl, 31 “kwassa-kwassa” auraient été interceptés en 2004.
18 janvier 2005.- Deux “kwassa-kwassa” en partance de Mayotte vers Anjouan intercepté par la police aux frontières avec 24 personnes à bord. Depuis le 1er janvier, c'est la sixième barque interceptée par la PAF, dont 4 arrivant sur Mayotte avec 78 clandestins à bord.
7 mars 2005.- Un “kwassa-kwassa” venant d'Anjouan, se dirigeant vers Mayotte et transportant 14 personnes, intercepté par la Gendarmerie nationale en présence de Brigitte Girardin, ministre de l'Outremer en visite dans la Collectivité départementale.
7 mars 2005.- Venant d'Anjouan, naufrage d'un “kwassa-kwassa” au sud de Mayotte, entre Sada et Bouéni, venant d'Anjouan et transportant 43 personnes. Bilan : 36 morts ou disparus. 7 survivants.
17 juin 2005.- Un “kwassa-kwassa” venant d'Anjouan et se dirigeant vers Mayotte, avec à bord 17 personnes, fait naufrage entre Acoua et M'Tsangamouji, au nord de Mayotte. Bilan : 11 morts ou disparus.
22 août 2005.- Un “kwassa-kwassa” venant d'Anjouan et se dirigeant vers Mayotte fait naufrage transportant une trentaine de personnes. Bilan : 25 personnes portées disparues.
16 novembre 2005.- Un kwassa-kwassa venant d'Anjouan, avec à bord 40 personnes et des chèvres, intercepté dans la soirée par le bâtiment de la Marine nationale La Rieuse. Vers minuit, nouvelle interception d'un second kwassa-kwassa avec à bord 22 personnes.
28 novembre 2005.- Deux “kwassa-kwassa” venant d'Anjouan, se dirigeant vers Mayotte et transportant l'un 27 personne et l'autre 39 interceptés, le premier par la vedette des Douanes, la Dziani, le second par la PAF. (fin)
On peut chiffrer à 43 le nombre d'interceptions de “kwassa-kwassa” en 2005.

I.- “Octobre Noir” à Mayotte

L'Outre-mer n'échappe pas aux tensions provoquées par les effets de l'immigration, ainsi qu'en témoigne le cas singulier de Mayotte, confrontée à un afflux d'immigrés clandestins venus des Comores voisines, principalement d'Anjouan, et souvent dénoncés par la population mahoraise. Ainsi, trois “Octobre Noir” s’inscrivent dans la longue liste des manifestations d’hostilité à l’égard principalement des Anjouanais en situation irrégulière, accusés d’être des voleurs, de prendre le travail des Mahorais, voire pour les Anjouanaises de voler les maris mahorais. Petit retour sur les événements.

ONJOUDJOU, OCTOBRE 1975
A la suite de la proclamation unilatérale de l’indépendance des Comores prise en Grande-Comore par le Président Ahmed Abdallah, le 6 juillet 1975, des dirigeants du Mouvement Populaire Mahorais se rendent à Onjoudjou, village créé dans les années 60 dans l’île de Mayotte par les autorités françaises, et dont la population (deux cent cinquante personnes) est constituée essentiellement d’habitants originaires de l’île d’Anjouan. Le chef du village reçoit l’ultimatum suivant : « Vous êtes ici des étrangers. Nous donnons une semaine aux habitants de ce village pour gagner l’île d’Anjouan. Si vous n’exécutez pas cet ordre, nous viendrons avec la Légion étrangère pour brûler vos maisons et vous exterminer.» Le 24 octobre, 137 personnes, dont 69 enfants, sont embarquées de force sur le boutre “Msiaari”, embarcation d’ordinaire affectée au transport de marchandises. Un autre boutre, “La Renaise”, arrive une semaine plus tard à Anjouan avec 69 personnes à bord.
(à suivre)

II.- “Octobre Noir” à Mayotte

SADA, OCTOBRE 2000
Près d’un millier de clandestins fuit la Collectivité départementale française de Mayotte pour regagner l’île d’Anjouan, leur île d’origine. Cause de ce départ : la colère des habitants de la ville mahoraise de Sada, fief de l’ancien maire Mansour Kamardine, apprenant de la bouche de leur maire le contenu d’une ordonnance qui prévoyait de lourdes sanctions contre les employeurs et les logeurs d’étrangers en situation illégale. Le texte ne sera appliqué qu’en mai 2001, mais les clandestins, femmes et enfants compris, ont été priés de vider les lieux. Faute de moyens de transport, plusieurs centaines d’entre eux ont rallié à pied Mamoudzou, principale ville de Mayotte, à 25 kilomètres de là, le 4 octobre. Une véritable chasse à l’homme qualifié par le Préfet Pierre Bayle d’«atteinte aux droits de l’homme» et de «véritable exode digne des heures les plus noires de notre histoire » par le sénateur de La Réunion Edmond Lauret.

HAMOURO, OCTOBRE 2003
Le 26 octobre 2003, premier jour du Ramadan, sur réquisition du Parquet, plusieurs dizanes de gendarmes et militaires investissent le village de Hamouro, sur la commune de Bandrélé (Mayotte), à la recherche de clandestins. Lors de cette opération, treize Anjouanais sont interpellés en situation irrégulière. Deux heures plus tard, des employés communaux, accompagnés de deux gardes-champêtres, se présentent sur les lieux. Ils somment les occupants de bangas (petites paillottes de terre battue) de sortir et, à l’aide de jerricanes, répandent de l’essence à l’intérieur des cases et y mettent le feu. Vingt-huit habitations traditionnelles partent en fumée. Hamuro est détruit à 80%. Bandrélé est réputée pour être l’une des communes les plus racistes de Mayotte. Quelques semaines auparavant, le 16 septembre, d’autres cases d’Anjouanais y ont été caillassées, cette fois par “bwénis” (femmes en shimaoré), aux cris de “Mayotte est française. Vous n’avez rien à faire ici».
(fin… pour le moment)

I.- ILS ONT DIT

« S'il y a une immigration si importante, c'est parce qu'elle est acceptée par la société mahoraise. Les Anjouanais viennent ici (à Mayotte) pour trouver du travail, et ils en trouvent. L'emploi de clandestins semble être à Mayotte la chose la plus partagée ».
René Dosière, député socialiste, membre de la mission parlementaire de décembre 2005, envisite aux Comores (Kaskhazi, 22 décembre 2005)

« Je repars d'ici très inquiet. Nous ne sommes pas loin d'une situation de pogroms, avec des gens qui rendent d'autres gens responsables de tous les maux ».
Jean-Christophe Lagarde, député UDF, membre de la mission parlementaire de décembre 2005, envisite aux Comores (Kaskhazi, 22 décembre 2005)

« Quand on a un îlot de prospérité dans une zone où des pays sont dans une situation de grande difficulté, il faut aider ses voisins ».
René Dosière, député socialiste, membre de la mission parlementaire de décembre 2005, envisite aux Comores (Kaskhazi, 22 décembre 2005)

« Il faut arrêter de croire que les mesures policières empêcheront les gens de rentrer (à Mayotte). Cela revient à vider la mer à la petite cuillère ».
Jean-Christophe Lagarde, député UDF, membre de la mission parlementaire de décembre 2005, envisite aux Comores (Kaskhazi, 22 décembre 2005)
(à suivre)

II.- ILS ONT DIT

« L'immigration clandestine coûte en moyenne 160 millions de francs par an à la collectivité, si l'on englobe le coût des expulsions, les frais de santé, les larcins, la prise en charge de Majicavo ou les pertes engendrées par l'emploi au noir d'immigrés clandestins ».
Mansour Kamardine, député de Mayotte (Quotidien de La Réunion, 9 septembre 2002)

« L'activité des “kwassa-kwassa” est très importante : les jeunes partent tous les jours et pendant notre passage à Anjouan au moins deux barques (faites pour transporter 6 personnes mais qui en contiennent 22) ont chaviré faisant 15 morts ou disparus et 22 rescapés. De juillet au 9 août, au moins 33 personnes sont mortes ou disparues. Dans les villages côtiers de l'Est, il n'y a plus, ou presque plus, de jeunes de 18 à 30 ans : ils sont partis à Mayotte… ou se sont noyés !»
Edmond Lauret, sénateur de La Réunion, à son retour d'Anjouan (17 août 2000)

« Plus les choses vont mal à Anjouan, plus cela provoque une immigration des Comoriens vers chez nous… Cela nécessitera de la part des autorités davantage de vigilance et de fermeté dans la lutte contre l'immigration clandestine. Il faudrait éviter tout laxisme dans ce domaine. C'est une émigration qui nous gênerait d'abord à Mayotte mais qui s'étendrait rapidement vers La Réunion puis vers la métropole. Il faut donc faire attention ».
Marcel Henry, sénateur de Mayotte (Minute, 13 août 1997)

« Mayotte est un centre de richesses comparé aux îles qui l'environnent. Aucun traitement brutal du problème de l'immigration à Mayotte ne pourra endiguer la volonté de celui qui préfère risquer la mort immédiate à la mort lente, par misère et famine
Syndicats Cisma, Sef-Cisma, Sgen, Cfdt de Mayotte (Mayotte Hebdo, 6 octobre 2000)

« Toutes les nuits quand le temps le permet arrivent 25 à 30 personnes à bord de kwassa-kwassa qui viennent déverser leur cargaison. Des malheureux, pas des voyous
Jean-Louis Bec, Procureur de la République à Mayotte (1er juillet 2000)

« La France est protégée par ce phénomène (de l'immigration clandestine), on a vu ces migrants maliens abattus à Ceuta et Melilla parce qu'ils cherchent une vie meilleure. C'est loin le Maroc, ici c'est tout proche. Mayotte, c'est la France. Les Comores, c'est la misère. Il y a une croissance des inégalités voulu par une idéologie libérale qui s'impose et qui est de plus en plus admise. C'est lourd de conséquences. Le problème de l'immigration, ce n'est pas un problème Français-Comorien, c'est un problème de pays riche qui a une frontière avec un pays pauvre. (…) Je suis allé à Anjouan. Certes les Anjouanais partent pour des raisons économiques, mais une jeunesse pleine d'énergie veut voir le monde par curiosité comme partout ailleurs. L'immigration clandestine, ils la vivent comme une humiliation. Cette histoire de bateau (le Maria Galanta), c'est du marketing électoral qui fait tomber les Mahorais dans la xénophobie ».
Daniel Mermet, animateur à France Inter (Mayotte Hebdo, 23 décembre 2005)

« Nous sommes là pour affirmer plus que jamais à ceux qui feignent de l’oublier que Mamoudzou est une ville française de Mayotte. Oui, Mamoudzou n’est pas une ville anjouanaise. Nous ne céderons donc jamais à un diktat des clandestins d’où qu’ils viennent. C’est le premier message que nous voulons dans le prolongement du leg reçu de nos anciens, adresser ce même rappel à la communauté nationale, internationale et régionale.»
Mansour Kamardine, député de Mayotte (Place du Marché à Mamoudzou, 3 octobre 2005)
(à suivre)

III.- ILS ONT DIT

« Il faut régler le problème de l'immigration clandestine, aider chez elles les populations : par exemple créer un hôpital à Anjouan pour que les femmes ne viennent pas accoucher ici (à Mayotte). »
José Balarello, sénateur français des Alpes Maritimes (Flash-Infos, 13 janvier 2000)

« Ceux qui viennent d'Anjouan pensent que Mayotte est un Eldorado, et vivent finalement à Mayotte dans les mêmes conditions que les Mahorais à La Réunion. Au cours de ma carrière d'enseignant, j'ai fait cinq postes à Anjouan, dans des zones sensibles. Une fois la Société Coloniale partie, il n'a plus rien eu. C'est elle qui faisait vivre toute la région. Les gens là-bas n'ont pas de terre à eux, ils vivotent. Ils sont obligés de tenter la traversée vers Mayotte
Younoussa Bamana, alors Président du Conseil Général de Mayotte (Quotidien de La Réunion, 21 août 1997)

« Les nombreux Anjouanais qui se sont réfugiés ces dernières années à Mayotte, en raison de la crise séparatiste, ont été encouragés par les dirigeants mahorais désireux surtout de justifier à la communauté internationale leur choix en faveur de la départementalisation. Aujourd'hui que Mayotte a réussi son pari par l'adoption du statut de collectivité départementale, elle s'en débarrasse comme on se débarrasse d'une orange une fois qu'on en a pressé le jus. »
Mouvement comorien pour la réconciliation nationale (Quotidien de La Réunion, 6 octobre 2000)

«Le seul moyen de soulager Mayotte de la pression migratoire des Anjouanais serait de d'aider Anjouan à se développer. Or, depuis 1997, le gouvernement français a refusé toute aide, toute assistance à Anjouan. Il a même renoncé à toute coopération en matière d'enseignement alors que les Anjouanais s'obstinaient à vouloir apprendre le français à leurs enfants. »
Pierre Pujo (Aspects de la France, 19 octobre 2000)

« Je circule beaucoup et lorsque je vois que dans des propriétés mahoraises poussent de véritables villages de clandestins, ça devient insupportable. Que font les Mahorais ? Ils ont quelques hectares de terrain et au lieu de les cultiver, ils louent les terres à des clandestins qui s'installent en villages. C'est scandaleux !»
Younoussa Bamana, alors président du Conseil général de Mayotte (Quotidien de La Réunion, 22 août 2003)

« Une coopération régionale s'impose auprès des Comoriens pour éviter que des milliers de gens meurent dans la traversée pour rejoindre Mayotte. Nous en expulsons 10 le matin, il en revient 40 le soir. Est-ce une solution ?»
Saïd Amar Oili, président du Conseil Général de Mayotte (Journal de La Réunion, 26 avril 2004)
(à suivre)

IV.- ILS ONT DIT

« Je qualifierais ce bras de mer de plus grand cimetière du monde tant sont nombreux les naufrages de kwassa-kwassa chargés d'être humains en quête d'une vie meilleure. (…) La France nous a demandé d'enrayer le phénomène en verrouillant nos frontières. Avec les moyens qui sont les nôtres, et ils sont très faibles, nous avons tenté de le faire en espérant que la France serait sensible à ce geste et qu'elle nous aiderait à fixer notre population chez nous. Nous avons recrté 487 agents municipaux spécialement chargés de la surveillance des côtes et payés sur le budget de l'Etat d'Anjouan, pas sur celui de l'Union. Nous avons organisé des patrouilles et procédé à des arrestations de passeurs, l'aide de la France n'est jamais venue. Nous avons fini par abandonner après qu'un agent ait tiré sur un passeur ».
Djaanfar Salim Allaoui, ministre de l'Intérieur d'Anjouan (Témoignages 9 novembre 2005)

« Je suis contre les rafles, cela évoque de tristes souvenirs ».
Michel Taillefer, alors n°2 du patronat de Mayotte (Via janvier 2000)

« Nous ne sommes pas opposés aux expulsions, mais à la manière de le faire. Des gens expulsés le matin reviennent quelques jours plus tard. Les rafles n'ont aucune efficacité, c'est clair. C'est de l'argent par la fenêtre ». (…) « Lutter contre l'immigration clandestine ne veut pas dire méconnaître les droits élémentaires de l'homme ». (…) L'expression de cette exaspération est sans doute maladroite, mais il faut savoir que si la tendance se poursuit, la population de nombreux villages de brousse va devenir à majorité étrangère ».
Mansour Kamardine, bâtonnier de l'ordre des avocats de Mayotte (Via janvier 2000)

« Le phénomène des kwassa-kwassa est sous-estimé à Mayotte. Anjouan voit aujourd'hui fleurir le commerce des agences de passeurs clandestins ».
Edmond Lauret, sénateur de La Réunion (Flash-Infos 12.08.2000)

L'immigration clandestine des Comoriens, principalement d'Anjouan, est « littéralement le viol de notre maison par des gens qui n'ont rien à y faire. Et qui, non seulement n'ont rien à y faire, mais, il y a trente ans, ont considéré que la France était bonne à jeter ».
Jean-Jacques Brot, Préfet de Mayotte, 10 novembre 2003 (Quotidien de La Réunion)

« Si on ne coupe pas maintenant le robinet (de l'immigration), Mayotte va mourir noyée ! D'autant que le trafic de faux papiers aux Comores est devenu un sport national »
Younoussa Bamana, Président du Conseil général de Mayotte (lettre au ministre de l'Intérieur Nicolas Sarkozy, décembre 2003)

« Une coopération régionale s'impose auprès des Comoriens pour éviter que des milliers de gens meurent dans la traversée pour rejoindre Mayotte. Nous en expulsons 10 le matin, il en revient 40 le soir. Est-ce une solution ?»
Saïd Amar Oili, président du Conseil Général de Mayotte (Journal de La Réunion, 26 avril 2004)

POUR LA MEMOIRE ET L'HISTOIRE

Le 9 novembre 2003, un décret du Président de l'île d'Anjouan, Mohamed Bacar, donnait naissance à un “Comité de prévention et de lutte contre les migrations clandestines”. Mis en place par le ministre de l'Intérieur, Djaanfar Salim dit Sarko, il avait pour objectif de lutter contre l'émigration clandestine, « princiaplement au départ de l'île autonome d'Anjouan vers la Collectivité départementale de Mayotte ». Un rapport mensuel devait indiquer notamment les progrès réalisés dans la maîtrise du phénomène des émigrations clandestines, les contraintes d'ordre réglementaire, matériel et logistique ». Quel a été le bilan du comité ? Nul ne le sait. Nul ne le sait. Probablement nul !
Entre la voix de la raison, celle de de la survie et de l'appel à un monde meilleur à Mayotte, il reste une liste de plusieurs dizaines de morts noyés pour l'année 2005 et le début 2006. Autant de victimes innocentes faisant du lagon de Mayotte l'un des plus grands cimetières de la mer.