MAYOTTE SANS FRONTIERES

Archipel des Comores. L'île autonome d'Anjouan n'est distante que de 70 kilomètres de Mayotte française. Presque quotidiennement, des Anjouanais choisissent de braver la mort en se rendant en kwassa-kwassa (embarcation de fortune) à Mayotte. Cette Veille va observer les mouvements de ces populations, comprendre les motivations des candidats à la mort, et dénoncer cette nouvelle traite négrière organisée par les “passeurs” des “ports francs” anjouanais.

29 janvier 2006

LE MARIA GALANTA, bateau des reconduites à la frontière


Depuis le 17 décembre dernier, une vedette effectue la traversée maritime entre Mayotte et Anjouan pour reconduire à la frontière les 400 immigrés clandestins, pour la plupart Anjouanais, interpellés chaque semaine en ce moment dans la Collectivité départementale. Affrêté par la Société Générale de Transport maritime (SGTM) créée en février 2004 par l'armateur Michel Laboudère, le monocoque de 37 mètres de long et de 7,5 mètres de large dispose d'un moteur de 4 564 Kw pouvant transporter, dans un certain confort, entre 191 et 250 passagers à une vitesse de 28 nœuds (avec des pointes de 35 nœuds). Le voyage entre les deux îles s'effectue en 3 heures avec deux tarifications suivant la basse et la haute saison et une tarification différente si le départ s'effectue à Mayotte ou à Anjouan.
Construit en 1989 en France, sur le chantier naval de Saint-Mandrier, propriété d'un Mauricien, dans le cadre de la défiscalisation, le Maria Galanta assurait jusqu'à l'année dernière le transport inter-îles à Saint-Pierre-et-Miquelon, après un passage à Pointe-à-Pitre, aux Antilles françaises. Il était la propriété de l'armateur Saint-Pierre-et-Miquelon Express, société exploitée par Daniel Nedzela, également directeur du développement de la Compagnie des îles du Ponant, compagnie basée à Nantes et possèdant en direct trois paquebots sous pavillon français à Wallis-et-Futuna.
Depuis sa mise en exploitation sur la ligne Mayotte-Anjouan, le Maria Galanta a subit plusieurs pannes et une petite avarie causée par la vedette de la PAF, la Koungué, qui l'a percutée à l'arrêt quelques jours seulement après son arrivée à Mayotte. D'autres pannes, un joint de vérin qui actionne la turbine de l'un des moteurs défectueux et un problème de direction, ont immobilsées la vedette pendant plusieurs jours, début janvier.
Selon une source saint-pierraise, le Maria Galanta aurait connu de nombreux avatars durant son exploitation. Des pannes à répétition l'ont cloué à terre pendant de longues semaines et une immobilisation s'est même prolongée pendant deux mois et demi.
Cette exploitation est intervenue après plus d'un an de suspention de la liaison maritime des bateaux sous pavillon anjouanais, par décision administrative de la Préfecture de Mayotte du 3 décembre 2004, en raison de manquement aux règles de sécurité.

1 Comments:

Blogger Slump said...

Je connais bien ce bateau, j'ai travailler sur un chantier naval à Mayotte et j'ai participer à plusieurs réparation sur ce rafiot ^^

1:10 AM  

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